Imiquimod contre les verrues anogénitales chez les adultes non immunodéprimés

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Imiquimod contre les verrues anogénitales chez les adultes non immunodéprimés

Principaux résultats

  • Les résultats doivent être interprétés avec prudence en raison de la faible qualité et du risque élevé de biais des essais inclus.
  • L'imiquimod et d'autres traitements appliqués par le patient ont conféré des bénéfices similaires.
  • L'imiquimod a été associé à moins de réactions indésirables systémiques.
  • Néanmoins, les effets de l'imiquimod comparé au placebo étaient imprécis; une augmentation des réactions indésirables locales et des douleurs plus fréquentes ont été observées avec l'imiquimod.

Données factuelles incluses dans cette analyse documentaire

Dix essais totalisant 1734 femmes ont été inclus dans l'analyse documentaire. Les études ont été réalisées en Autriche (1), en Allemagne (1), en Grèce (1), en Inde (1), en Turquie (1) et aux États-Unis (5). Six essais présentaient un risque de biais car ils avaient été financés par des laboratoires pharmaceutiques.

L'imiquimod a été comparé à un placebo (6 études, 1294 patients), à un autre traitement appliqué par le patient (2 études, 105 patients) ou à d'autres traitements administrés par un professionnel de santé (2 études, 335 patients).

Évaluation de la qualité

La qualité des essais inclus était très faible et tous présentaient un risque élevé de biais.

Implications cliniques

Les résultats de l'analyse documentaire doivent être interprétés avec prudence en raison de la faible qualité des essais inclus, du risque élevé de biais et de la confiance limitée des estimations d'effets.

Recherches supplémentaires

Afin d'orienter le traitement des patients présentant des verrues anogénitales, des ECR de bonne qualité méthodologique comparant l'imiquimod à d'autres traitements administrés par le patient ou un professionnel de santé seront nécessaires. Les futures recherches devraient viser à limiter les sources de biais et veiller à ce que les critères de jugement importants soient rapportés pour que les résultats permettent de formuler des recommandations claires quant au traitement optimal pour ces patients.


Analyse documentaire Cochrane

Citation: Grillo-Ardila CF, Angel-Müller E, Salazar-Díaz LC, Gaitán HG, Ruiz-Parra AI, Lethaby A. Imiquimod for anogenital warts in non-immunocompromised adults. Cochrane Database of Systematic Review, 2014, Issue 11. Art. No.: CD010389. DOI: 10.1002/14651858.CD010389.pub2.

Résumé

Les verrues anogénitales régressent spontanément chez 30% des personnes atteintes, mais il n'existe aucun moyen de déterminer si une lésion donnée va persister. Il existe de nombreuses options pour leur traitement, dont le choix dépend de l'expérience du praticien, des préférences du patient et des effets indésirables. L'imiquimod pourrait offrir les avantages d'un traitement administré par le patient, sans les limitations des traitements administrés par un professionnel de santé.

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de l'imiquimod pour le traitement des verrues anogénitales chez les adultes non immunodéprimés.

Nous avons effectué une recherche dans le Cochrane Sexually Transmitted Infections Group Specialized Register (le 15 avril 2014), CENTRAL (de 1991 au 15 avril 2014), MEDLINE (de 1946 au 15 avril 2014), EMBASE (de 1947 au 15 avril 2014), LILACS (de 1982 au 15 avril 2014), le système d'enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l'Organisation mondiale de la Santé (le 15 avril 2014), ClinicalTrials.gov (le 15 avril 2014), Web of Science (de 2001 au 15 avril 2014) et OpenGrey (le 15 avril 2014). Nous avons également consulté manuellement des actes de conférences, contacté des auteurs d'essais et examiné les listes bibliographiques des études identifiées.

Essais comparatifs randomisés (ECR) comparant l'utilisation de l'imiquimod à un placebo, à tout autre traitement mis en œuvre par le patient ou à tout autre traitement administré par un professionnel de santé (sauf l'interféron et le 5-fluorouracile, qui sont évalués dans d'autres analyses documentaires Cochrane) pour le traitement des verrues anogénitales chez des sujets adultes non immunodéprimés.

Trois auteurs de l'analyse documentaire ont examiné les essais à inclure, extrait les données et évalué le risque de biais de manière indépendante. Les désaccords ont été résolus par la discussion. La qualité des preuves a été évaluée suivant la méthode GRADE.

Dix ECR (1734 participants) répondaient à nos critères d'inclusion, dont six financés par l'industrie. Nous avons jugé que le risque de biais des essais inclus était élevé. Six essais (1294 participants) comparaient l'utilisation de l'imiquimod à un placebo. Des données de très faible qualité indiquent que l'imiquimod a donné de meilleurs résultats que le placebo pour l'obtention d'une régression complète et partielle des lésions [RR= 4,03 (IC95: de 2,03 à 7,99); RR= 2,56 (IC95: de 2,5 à 3,20), respectivement]. Par rapport au placebo, les effets de l'imiquimod sur la récidive [RR= 2,76 (IC95: de 0,70 à 10,91)], l'apparition de nouvelles verrues [RR= 0,76 (IC95: de 0,58 à 1,00)] et la fréquence des réactions indésirables systémiques [RR= 0,91 (IC95: de 0,63 à 1,32)] étaient imprécis. Nous avons abaissé la qualité des données à faible ou très faible. Des données de faible qualité montrent que l'imiquimod a provoqué davantage d'effets indésirables locaux [RR= 1,73 (IC95: de 1,18 à 2,53)] et de douleurs [RR= 11,84 (IC95: de 3,36 à 41,63)].

Deux essais (105 participants) comparaient l'utilisation de l'imiquimod à tout autre traitement administré par le patient (podophyllotoxine et podophylline). Les effets estimés de l'imiquimod sur la régression complète [RR= 1,09 (IC95: de 0,80 à 1,48)], la régression partielle [RR= 0,77 (IC95: de 0,40 à 1,47)], la récidive [RR= 0,49 (IC95: de 0,21 à 1,11)] ou la présence de réactions indésirables locales [RR= 1,24 (IC95: de 1,00 à 1,54)] étaient imprécis (données de qualité très faible). Des données de faible qualité indiquent que les réactions indésirables systémiques ont été moins fréquentes avec l'imiquimod [RR= 0,30 (IC95: de 0,09 à 0,98)].

Enfin, deux essais (335 participants) comparaient l'imiquimod à tout autre traitement administré par un professionnel de santé (méthodes d'ablation et cryothérapie). Des données de très faible qualité indiquent que la fréquence de régression complète des verrues anogénitales n'était pas inférieure avec l'imiquimod [RR= 0,84 (IC95: de 0,56 à 1,28)]. Des données de très faible qualité montrent que l'imiquimod a produit une baisse du taux de récidive lors du suivi à six mois [RR= 0,24 (IC95: de 0,10 à 0,56)], mais cela ne s'est pas traduit par un taux de récidive inférieur entre 6 et 12 mois [RR= 0,71 (IC95: de 0,40 à 1,25); données de très faible qualité]. Des données de très faible qualité indiquent que l'imiquimod a été associé à moins de douleurs [RR= 0,30 (IC95: de 0,17 à 0,54)] et à moins de réactions locales [RR= 0,55 (IC95: de 0,40 à 0,74)].

Les avantages et les inconvénients de l'imiquimod par rapport au placebo doivent être considérés avec prudence en raison du risque de biais, de l'imprécision et de l'incohérence de beaucoup des paramètres que nous avons évalués dans cette analyse documentaire Cochrane. Les preuves concernant beaucoup de critères d'évaluation qui montrent que l'imiquimod et le traitement administré par le patient (podophyllotoxine ou podophylline) apportent des avantages similaires mais qu'il y a moins de réactions systémiques avec l'imiquimod sont de qualité faible ou très faible. Les preuves pour les critères d'évaluation comparant l'imiquimod et d'autres traitements administrés par un professionnel de santé étaient de très faible qualité.