Antibioprophylaxie pour l'accouchement par voie basse avec extraction instrumentale

Antibioprophylaxie pour l'accouchement par voie basse avec extraction instrumentale

Résumé de la BSG

Principaux résultats

L'antibioprophylaxie consistant à administrer une dose unique de 2 g de céfotétan aux femmes ayant eu un accouchement par voie basse avec extraction instrumentale a été associée à un risque plus faible d'endométrite. Toutefois, la différence n'était pas statistiquement significative.

Données factuelles incluses dans cette analyse documentaire

Cette analyse documentaire n'incluait qu'un seul essai portant sur 393 femmes ayant un accouchement par voie basse avec extraction instrumentale.

Évaluation de la qualité

La qualité des données factuelles d'après la méthode GRADE était faible.

Implications cliniques

Les données factuelles permettant d'appuyer l'antibioprophylaxie systématique chez les femmes ayant un accouchement par voie basse avec extraction instrumentale sont insuffisantes tant en quantité qu'en qualité.

Recherches supplémentaires

La réalisation d'essais comparatifs randomisés de bonne qualité est nécessaire afin d'évaluer l'efficacité et les effets indésirables de l'antibioprophylaxie chez la femme ayant un accouchement par voie basse avec extraction instrumentale.


Analyse documentaire Cochrane

Citation: Liabsuetrakul T, Choobun T, Peeyananjarassri K, Islam QM. Antibiotic prophylaxis for operative vaginal delivery. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 10. Art. No.: CD004455. DOI: 10.1002/14651858.CD004455.pub3.

Résumé

L'utilisation d'une ventouse obstétricale ou de forceps lors des accouchements par voie basse augmenterait l'incidence des infections du post-partum et des réadmissions maternelles par rapport aux accouchements par voie basse spontanés. Une antibioprophylaxie peut être prescrite pour éviter ces infections. Cependant, le bénéfice de l'antibioprophylaxie pour les accouchements avec extraction instrumentale est encore incertain.

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de l'antibioprophylaxie dans la réduction de la morbidité puerpérale infectieuse chez les femmes accouchant par voie basse avec utilisation de ventouses obstétricales et/ou forceps.

Nous avons effectué des recherches dans le Cochrane Pregnancy and Childbirth Group's Trials Register (31 août 2014).

Tous les essais randomisés comparant un traitement antibioprophylactique quel qu'il soit à un placebo ou à l'absence de traitement, chez les femmes accouchant avec ventouse obstétricale ou forceps, étaient admissibles. Les participantes étaient toutes des femmes sans infection avérée ou autre affection nécessitant des antibiotiques, de tous âges gestationnels, accouchant avec ventouse obstétricale ou forceps, quelle qu'en soit l'indication. Les interventions consistaient en une antibioprophylaxie quelle qu'elle soit (tous les schémas posologiques, tous les modes d'administration, à tout moment au cours de l'accouchement ou des suites de couche) comparées à l'utilisation d'un placebo ou à l'absence de traitement.

Deux auteurs de l'analyse documentaire ont évalué l'admissibilité et la qualité méthodologique des essais. Deux auteurs de l'analyse documentaire ont extrait les données de façon indépendante au moyen d'un formulaire d'extraction de données préétabli. Les divergences ont été résolues par la discussion et le consensus atteint par la discussion avec tous les auteurs de l'analyse documentaire. Pour cette mise à jour, nous avons évalué la qualité méthodologique de l'essai inclus en utilisant les critères Cochrane standards et l'approche GRADE. Nous avons calculé le risque relatif (RR) et la différence moyenne (DM) en utilisant un modèle à effets fixes et tous les auteurs de l'analyse documentaire ont interprété et discuté les résultats.

Un essai portant sur 393 femmes ayant accouché avec ventouse obstétricale ou forceps a été inclus. Cet essai n'a renseigné que deux des neuf critères de jugement spécifiés dans cette analyse documentaire. Sept femmes souffrant d'endométrite ont été signalées dans le groupe n'ayant pas reçu d'antibiotique et aucune dans le groupe ayant reçu l'antibioprophylaxie. Cette différence n'atteignait pas un niveau statistiquement significatif, mais la réduction du risque s'élevait à 93% [risque relatif (RR) = 0,07 (intervalle de confiance (IC) 95: de 0,00 à 1,21)]. Il n'y avait aucune différence dans la durée d'hospitalisation entre les deux groupes [différence moyenne (DM)=0,09 jours (IC95: de -0,23 à 0,41)]. Globalement, le risque de biais a été jugé faible. La qualité des preuves, en utilisant l'approche GRADE, était faible pour l'endométrite et la durée de séjour de la mère.

Les données étaient trop peu nombreuses pour permettre d'établir des recommandations pour la pratique. Des recherches complémentaires sur l'antibioprophylaxie pour l'accouchement par voie basse avec extraction instrumentale sont nécessaires pour déterminer si l'antibioprophylaxie permet de réduire la morbidité du post-partum.