Interventions visant à prévenir ou réduire la violence conjugale envers les femmes pendant la grossesse

Image of a counsellor holding hands of a woman after an incident of spousal abuse.
UNICEF/Nesbitt

Interventions visant à prévenir ou réduire la violence conjugale envers les femmes pendant la grossesse

Résumé de la BSG

Principaux résultats

  • Les interventions suivantes ont été incluses : une brève consultation individualisée, la prise en charge du cas et l'orientation vers un travailleur social, et plusieurs séances de thérapie pendant la grossesse et après l'accouchement.
  • Les données montrant une baisse du nombre d'épisodes de violence (physique, sexuelle et/ou psychologique) et un effet en matière de prévention de la violence pendant et jusqu'à un an après la grossesse étaient limitées.
  • Dans une seule étude (n = 306 femmes), les femmes ayant bénéficié de l'intervention ont subi moins d'épisodes de violence conjugale pendant la grossesse et la période du post-partum.
  • Aucune différence significative n'a été observée en ce qui concerne le faible poids de naissance avec les interventions visant à réduire la violence conjugale.

Données factuelles incluses dans cette analyse documentaire

Dix essais portant sur 3417 femmes ont été inclus, mais seuls sept essais totalisant 2629 femmes ont fourni des données pour l'analyse documentaire.

Évaluation de la qualité

La qualité des preuves évaluée avec la méthode GRADE allait de très faible (score des tactiques de conflit Conflict Tactics Score, score d'abus actuels Current Abuse Score pour la violence conjugale, et violence conjugale) à faible (faible poids de naissance) et modérée (épisode de violence conjugale).

Implications cliniques

Les données actuellement disponibles sont insuffisantes pour évaluer les interventions visant à prévenir ou réduire la violence conjugale envers les femmes enceintes.

Recherches supplémentaires

Il est nécessaire de réaliser d'autres essais comparatifs randomisés afin d'évaluer l'efficacité et la sécurité des interventions visant à prévenir ou réduire la violence à l'encontre des femmes enceintes. Il convient également de mener des études rapportant des résultats pour les critères de jugement tels que la mortinatalité, la mortalité néonatale, les fausses couches, la mortalité maternelle, les hémorragies antepartum et l'hématome rétroplacentaire qui font aussi défaut aujourd'hui.


Analyse documentaire Cochrane

Citation: Jahanfar S, Howard LM, Medley N. Interventions for preventing or reducing domestic violence against pregnant women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 11. Art. No.: CD009414. DOI: 10.1002/14651858.CD009414.pub3.

Résumé

La violence conjugale pendant la grossesse est un problème majeur de santé publique. Ce facteur de risque évitable menace tant la mère que l'enfant. Les visites de soins périnatals de routine sont l'occasion pour les personnels de santé de détecter les femmes subissant des violences conjugales et de les renvoyer vers des interventions efficaces. On ignore, toutefois, quelles interventions sont les plus efficaces chez les mères pendant la grossesse et la période du post-partum pour assurer leur sécurité.

Examiner l'efficacité et la sécurité des interventions pour la prévention ou la diminution des violences conjugales contre les femmes enceintes.We searched the Cochrane Pregnancy and Childbirth Group's Trials Register (31 July 2014), scanned bibliographies of published studies and corresponded with investigators.

Nous avons effectué des recherches dans le Cochrane Pregnancy and Childbirth Group's Trials Register (le 31 juillet 2014), passé en revue les listes bibliographiques des études identifiées et contacté des investigateurs.

Nous avons inclus les essais comparatifs randomisés (ECR), y compris les essais randomisés par grappes, et les essais comparatifs quasi randomisés (par exemple en cas d'assignation alternée) portant sur l'effet des interventions pour la prévention ou la diminution des violences conjugales pendant la grossesse.

Deux auteurs de l'analyse documentaire ont évalué les essais pour l'inclusion ainsi que leurs risques de biais, ont extrait les données et en ont vérifié l'exactitude, et ce, de manière indépendante.

Nous avons inclus 10 essais totalisant 3417 femmes randomisées. Sept de ces essais, portant sur 2629 femmes, ont fourni des données pour l'analyse documentaire. Cependant, les résultats pour tous les critères de jugement sont basés sur des études isolées. Il y avait peu de preuves pour les critères principaux de la réduction des épisodes de violence (physique, sexuelle et/ou psychologique) et la prévention de la violence pendant et jusqu'à un an après la grossesse (tels que définis par les auteurs des essais). Dans une étude, les femmes ayant reçu l'intervention ont rapporté moins d'épisodes de violence conjugale pendant la grossesse et la période du post-partum [risque relatif (RR)= 0,62 (intervalle de confiance (IC) 95: de 0,43 à 0,88), 306 femmes, qualité modérée]. Les groupes ne différaient pas pour le score des tactiques de conflit (Conflict Tactics Score): les scores moyens de violence conjugale dans les trois premiers mois après l'accouchement [différence moyenne (DM): 4,20 en plus (IC95: de -10,74 à 19,14), une étude, 46 femmes, très faible qualité). Le score d'abus actuels (Current Abuse Score) de violence conjugale au cours des trois premiers mois était également similaire entre les groupes [DM: -0,12 en moins (IC95: de -0,31 en moins à 0,07 en plus), une étude, 191 femmes, très faible qualité). Les preuves n'étaient pas significatives pour les critères des épisodes de violence conjugale au cours de la grossesse ou des épisodes au cours des trois premiers mois après l'accouchement [respectivement, RR= 0,50 (IC95: de 0,25 à 1,02), une étude, 220 femmes, très faible qualité; et RR= 0,60 (IC95: de 0,35 à 1,04), une étude, 271 femmes, très faible qualité]. Enfin, le risque de faible poids de naissance (< 2500 g) ne différait pas entre les groupes [RR= 0,74 (IC95: de 0,41 à 1,32), 306 nourrissons, faible qualité].

Il y avait peu de différences statistiquement significatives entre les groupes avec intervention et témoin pour la dépression pendant la grossesse et la période postnatale. Une seule étude a rapporté les résultats pour les critères de jugement néonatals tels que l'accouchement avant terme et le poids à la naissance, et il n'y avait pas de différences cliniquement significatives entre les groupes. Aucune des études n'a rapporté les résultats pour les autres critères de jugement secondaires: le score d'Apgar inférieur à sept à une minute et à cinq minutes, la mortinatalité, le décès néonatal, la fausse couche, la mortalité maternelle, les hémorragies antepartum, et l'hématome rétroplacentaire.

 

Les preuves sont insuffisantes pour évaluer l'efficacité des interventions contre la violence conjugale sur les résultats de la grossesse. Il est nécessaire de réaliser des ECR de grande qualité, ayant une puissance statistique suffisante pour déterminer si les programmes d'intervention sont efficaces pour la prévention ou la diminution des épisodes de violence conjugale pendant la grossesse, ou s'ils ont le moindre effet sur les résultats de mortalité et de morbidité chez la mère et le nouveau-né.